Otage intégrée à la noblesse de l’Empire d’Urbs depuis la chute de son royaume, Livia est aujourd’hui fiancée à Caius, le fils cadet de l’empereur. Elle entend assassiner Agrippine, l’héritière du trône, pour mettre Caius à sa place et influencer sa politique. Mais, lorsque l’empereur décède brutalement, la position de Livia est fragilisée : Agrippine, qui lui voue une haine farouche, est prête à tout pour l’isoler, jusqu’à menacer ceux qu’elle aime. Pourtant, malgré les risques, Livia ne compte pas renoncer au pouvoir dont elle est si proche.

Autour d’elle, les obstacles se multiplient : la famille impériale se retrouve victime d’attentats, un vent de rébellion s’agite dans l’Empire, la paranoïa d’Agrippine gagne en puissance, et Caius se met à agir étrangement…

Entre magie dangereuse, complots et secrets, Livia parviendra-t-elle à assouvir ses ambitions et à reprendre le contrôle de sa vie ?


✍️ Auteure : Bleuenn Guillou (française)
📒 Maison d’édition : Naos / Mnemos
📚 Duologie : 1/2 tomes
🖤 Genre : Fantasy Historique
📅 Sortie : 21 août 2024
📖 Pagination : 387 pages

📗 Début de lecture : 09/04/2025
📕 Fin de lecture : 25/04/2025
⭐ Ma note : 5/5


🪶 Mon avis

Avec Otage de l’Empire, Bleuenn Guillou signe un roman âpre et fascinant, qui prend à contre-pied les codes classiques de la romantasy pour plonger ses lecteurs dans un univers impitoyable inspiré de la Rome antique. Ici, pas de chevaliers en armure ni de dragons nobles : seulement des complots, des ambitions sanglantes, une magie exigeante et des femmes de pouvoir prêtes à tout pour ne pas se faire dévorer par le système.

Le pouvoir au féminin… et à vif

Ce qui m’a tout de suite séduite, c’est que ce sont les femmes qui mènent la danse. Pas des figures parfaites, mais des stratèges, des rusées, des redoutables. Livia, l’héroïne, fiancée à un prince impérial, se bat pour survivre dans un empire qui ne lui fera aucun cadeau. Face à elle : Agrippine, l’héritière du trône, aussi brillante que vicieuse. Toutes deux sont des miroirs déformés l’une de l’autre, rivales féroces mais plus semblables qu’elles ne voudraient l’admettre. On adore les haïr… et pourtant, au détour d’une scène, l’autrice nous force à douter. Et c’est là toute sa force.

Un univers inspiré, brutal, vivant.

L’Empire d’Urbs est une réussite totale. On est bien loin des clichés de la fantasy médiévale. Ici, on sent le sable, la pierre chaude des forums, les clameurs dans les gradins, la peur dans les palais. Les scènes de courses de chars sont saisissantes — bien plus meurtrières que les combats de gladiateurs — et donnent au récit une tension constante..

Pas une romance… (et c’est tant mieux)

Ce n’est pas une romantasy comme d’habitude, et ça fait du bien. Oui, Livia est prise entre deux hommes – Caïus, le prince héritier, et Cassius, le jeune gladiateur. Oui, il y a un triangle amoureux. Mais non, ce n’est pas le cœur du récit.

Ici, la romance n’est jamais moteur : elle est accessoire, parfois même utilisée comme un levier de manipulation ou de pouvoir. Ce qui compte, c’est la survie, la stratégie, les choix impossibles. Le cœur palpite, mais pas forcément pour des raisons sentimentales…

Une narration brillante… qui commence par la fin

L’un des paris les plus réussis du roman, c’est qu’il commence… par la fin. Dès les premières pages, on découvre que Livia est en train d’assassiner Agrippine à l’aide d’un stratagème magique aussi brillant que machiavélique. Et pourtant, l’intrigue ne faiblit jamais. Au contraire, chaque chapitre nous pousse un peu plus loin dans les noirceurs du pouvoir, dans les manipulations, dans les violences insidieuses ou frontales. On pensait avoir vu le pire ? L’autrice nous prouve que non.

Des victimes collatérales bouleversantes

Parmi les personnages les plus touchants, il y a ces autres jeunes otages, arrachés à leurs terres, perdus dans les couloirs dorés d’un empire cruel. Livia les protège comme elle peut, en grande sœur lucide mais désarmée face à la brutalité d’un système qui n’épargne personne. On s’attache à eux, à leur innocence menacée, à leur peur contenue. Et bien sûr, Bleuenn Guillou n’a aucune pitié — ni pour eux, ni pour nous.

Une magie rare, chère… et dangereuse

La magie est là, mais elle n’a rien de merveilleux. Elle a un prix, souvent trop élevé. Elle se mêle aux trahisons et aux conflits de pouvoir, comme une arme de plus dans un arsenal déjà bien fourni. Et avec Bleuenn Guillou, rien ne se termine jamais dans la lumière. Les cœurs se brisent, les corps aussi — parfois de manière dérangeante. Certaines scènes de torture m’ont franchement fait grincer des dents, voire détourner les yeux.

Une plume cruelle et irrésistible

L’autrice ne fait pas dans la dentelle. Elle prend plaisir à malmener ses lecteurs autant que ses personnages. Chez elle, personne n’est tout blanc, ni même vraiment gris clair… C’est sombre, c’est cruel, c’est machiavélique, et c’est terriblement addictif.

Quand la mode adoucit les morts

Heureusement, Otage de l’Empire sait aussi se faire plus léger, notamment à travers les descriptions des tenues de Livia. Véritable icône de style, elle déambule dans les couloirs du pouvoir comme sur un podium, avec des robes somptueuses, des coiffures élaborées et un art du maquillage digne d’une fashionista en campagne de guerre. Une touche de frivolité bienvenue dans un monde où tout le reste saigne.

Un premier tome aussi brillant que brutal

Otage de l’Empire est une lecture qui ne laisse pas indemne. On entre pour la politique, la magie, l’univers antique ; on reste pour la cruauté brillante, les personnages troubles, et les retournements de situation qui nous cueillent sans prévenir. Bleuenn Guillou écrit avec une plume aussi acérée que les poignards de ses personnages, et ce premier tome donne envie de s’abandonner à la suite… quitte à y laisser quelques plumes.

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FIN

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💬 Citations

“Sa sœur était un monstre déguisé en femme, qui mettrait l’Empire à feu et à sang si elle héritait du pouvoir.”

“Il était sa faiblesse autant que sa force.”

“On ne demandait pas à une impératrice d’être gentille.”

“Le mariage était considéré comme une alliance pour établir une descendance. C’était si réducteur ! Comme si toutes les femmes voulaient des enfants. Comme si le but d’une union était forcément d’engendrer des rejetons.”

“Cela ne sert à rien de pleurer sur ce qui aurait pu être. Je préfère me concentrer sur ce qui est”. – Amadeo

“Dommage que tu ne m’aies pas choisie plutôt que mon frère. Nous aurions été redoutables.” – Agrippine

“Elle était prisonnière de sa colère et de son incompréhension, et il fallait simplement qu’elle continue de vivre.”

“Du pain et des jeux, la formule magique pour garder le peuple sous contrôle.”


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2 réponses à « « Otage de l’Empire » Conjurations – tome 1, de Bleuenn Guillou »

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    […] > Le premier tome : « Otage de l’Empire » – Conjurations, tome 1 […]

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  2. Avatar de Elise Kova à Montpellier : une rencontre magique autour de Air Awakens – Caroline Book Club 📚

    […] du tout avant ce jour-là, et pourtant, grâce à cette rencontre, j’ai plongé dans sa duologie Conjurations. Ce fut une révélation. J’ai compris que l’on n’a pas besoin d’avoir déjà lu les livres […]

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Caroline

♡ Bienvenue ♡
Je relis, j’annote, je surligne… pour ne rien oublier de mes lectures. Pour chaque tome, je rédige des chroniques avec mon avis, mais aussi des résumés spoilants.
L’objectif : Nous permettre de nous replonger dans l’histoire sans avoir à relire tout le livre avant de continuer la saga.
➳ Pratique, non ?