Vous voulez connaître la vérité ? Ce n’est pas à elle qu’il faut la demander.

Une menteuse compulsive s’immisce dans la vie d’un couple aisé…

Sloane Caraway est une menteuse. Rien de bien méchant : ses petits mensonges sont inoffensifs, destinés à embellir sa vie tristement banale, comme elle dit. Alors, quand Sloane aperçoit une fillette en larmes dans un parc, elle ne peut pas s’en empêcher : elle dit au (très séduisant) père de l’enfant qu’elle est infirmière et l’aide à retirer un dard d’abeille du pied de sa fille.

Grâce à cette rencontre fortuite, Sloane devient la nounou des riches et privilégiés Jay et Violet Lockhart. Ils ont tout : les montres de luxe et les tenues haute couture, la maison new-yorkaise digne d’un magazine déco, la meilleure école privée pour leur fille…

Sloane les envie et elle est prête à mentir sur tout, ou presque, pour faire partie de leur famille. Mais à mesure que la liste de ses mensonges s’allonge, le vernis lisse des apparences se craquelle. Et si Sloane n’était pas la seule à mentir ?


✍️ Auteure : Sophie Stava (américaine)
📒 Maison d’édition : Les Escales Éditions
🖤 Genre : Thriller domestique, Thriller psychologique, Suspens
📅 Sortie : 09 octobre 2025
📖 Pagination : 368 pages

📗 Début de lecture : 02/02/2026
📕 Fin de lecture : 09/02/2026
⭐ Ma note : 4/5


🪶 Mon avis

🥤 Quand le mensonge devient un langage, et la vérité une arme

Il y a des romans qui s’installent doucement, presque poliment, avant de tout renverser. La Menteuse fait partie de ceux-là. Sous ses airs de thriller domestique bien balisé, Sophie Stava construit un récit en trompe-l’œil, où chaque certitude est provisoire et où la vérité, toujours mouvante, se dérobe au moment même où l’on croit l’attraper.

L’histoire s’ouvre au printemps, à New York. Un décor lumineux, familier, presque rassurant. Et pourtant, dès les premières pages, quelque chose cloche. Pas dans les événements — mais dans la voix qui les raconte.

🥤 Sloane : mentir pour exister

Sloane est une menteuse. Elle le dit elle-même, sans détour. Elle ment souvent, beaucoup, parfois pour rien. Ou plutôt, pour ce que les autres attendent d’elle. Chez Sloane, le mensonge n’est pas un simple vice : c’est un outil de survie, un langage appris très tôt, presque une seconde nature.

Ce qui rend le personnage particulièrement intéressant, c’est que le roman ne cherche jamais à la réduire à une manipulatrice froide. Au contraire, Sophie Stava suggère que Sloane ment moins par malveillance que par adaptation. Dire ce que l’on attend d’elle. Se modeler à la place qu’on lui assigne. Exister à travers le regard des autres.
À ce titre, La Menteuse interroge frontalement la position de la femme, le jugement social, la charge mentale, et cette pression diffuse à être « comme il faut », quitte à s’effacer soi-même.

Sloane ment depuis l’enfance. Et cela change tout. Le mensonge n’est plus une faute isolée, mais un traumatisme structurant.

🥤 Une mécanique de thriller domestique parfaitement huilée

Sur le papier, le point de départ est classique : une rencontre dans un parc, une famille new-yorkaise en apparence parfaite, une opportunité saisie au vol. Sloane se fait passer pour infirmière et entre dans la vie de Jay, Violet et de leur fille Harper comme nounou. À partir de là, elle s’immisce dans le quotidien du foyer, observe, s’attache, s’obsède.

Le roman s’inscrit clairement dans les codes du thriller domestique :

  • huis clos émotionnel,
  • faux-semblants,
  • tensions larvées,
  • violence psychologique,
  • secrets enfouis sous le vernis de la réussite sociale.

Mais là où La Menteuse se distingue, c’est dans sa construction narrative. L’alternance de trois points de vue donne trois versions d’une même réalité — et aucune ne peut être prise pour argent comptant. Cette fragmentation de la vérité crée un jeu permanent avec le lecteur, qui pense comprendre… avant de devoir tout reconsidérer.

🥤 Un rythme en crescendo : tenir bon, puis lâcher prise

Il faut le dire : le démarrage est progressif. Le roman prend le temps d’installer ses personnages, ses dynamiques, ses non-dits. Cette montée en puissance peut sembler longue, surtout pour les lecteurs aguerris du genre. Mais cette lenteur apparente est trompeuse.

À partir du milieu du roman, tout s’emballe. Les révélations s’enchaînent, les certitudes explosent, et l’histoire devient une véritable montagne russe émotionnelle. On passe d’un confort presque douillet — celui d’une amitié naissante, d’une vie de famille idéalisée — à une tension sourde, puis à une violence psychologique de plus en plus marquée.

Le livre ne lâche plus son lecteur. Il l’attrape, le secoue, le manipule. Et oui, même en pensant connaître les codes, même en cherchant à deviner les twists, on se fait avoir. Je me suis pris une floppée de claques successives — et j’ai adoré ça.

🥤 Amitié, trahison et faux-semblants

Sous son intrigue haletante, La Menteuse aborde une multitude de thèmes :
amitié ambiguë, infidélité, trahison, amour maternel, traumatismes de l’enfance, misogynie ordinaire, rapports de pouvoir, regard social…

Chaque personnage — Sloane, Jay, Violet, Harper — occupe une place précise dans cette toile soigneusement tissée. Rien n’est laissé au hasard. Le roman joue avec nos jugements, nos réflexes moraux, notre besoin de désigner un coupable.

J’ai particulièrement aimé cette sensation d’immersion totale : arpenter les rues et les parcs de New York avec cette famille, passer l’été à la plage avec eux, observer leurs gestes, leurs silences, leurs failles. À force, on ne lit plus de l’extérieur : on devient un membre invisible du foyer.

🥤Une écriture addictive, pensée pour le lecteur

La plume de Sophie Stava est directe, fluide, terriblement efficace. Les chapitres renforcent l’effet page-turner et donnent à la lecture un rythme haletant : impossible de lâcher le livre une fois plongé dedans.

L’enquête, en soi, reste relativement légère. Mais ce n’est pas là que se situe la force du roman. Le titre, La Menteuse, prend progressivement tout son sens, jusque dans les recoins les plus inattendus de l’histoire. Le mensonge n’est pas un élément parmi d’autres : il est le moteur même du récit.

🥤 Et cette fin…

Sans rien dévoiler, je dirai simplement ceci :
je pensais avoir compris.
Je pensais avoir résolu l’énigme.
Je pensais avoir fermé mon enquête.

Et pourtant.

Le plot twist central, les revirements finaux, rebattent complètement les cartes. Tout ce que l’on croyait acquis est remis en question. Certaines révélations divisent, interrogent la vraisemblance — mais émotionnellement, le choc est là.

Et pour la conclusion, je n’ai qu’une chose à dire : bien fait !

🥤En conclusion

La Menteuse est un thriller psychologique addictif, maîtrisé, parfois dérangeant, qui joue avec les codes du genre tout en les exploitant pleinement. Il ne révolutionne pas le thriller domestique, mais il en propose une version redoutablement efficace, portée par une héroïne complexe et une narration intelligente.

Un roman qui manipule son lecteur avec talent, qui interroge notre rapport à la vérité, et qui rappelle que les pires mensonges sont parfois ceux que l’on raconte pour être aimée.

À lire si vous aimez être baladé, surpris, secoué — et si vous acceptez de ne jamais avoir complètement raison.

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La Menteuse, le premier roman de Sophie Stava, est un best-seller dans le monde entier. Il est en cours d’adaptation en série avec Lindsay Lohan.

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FIN

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▶️ Playlist 🎧



💬 Citations

« Croix de bois, croix de fer. Si je mens, je vais… »

« Les exigences qu’on a envers les hommes sont tellement basses parfois. »

« Hier, nous avons regardé un thriller, sur une femme dont le mari n’est pas aussi parfait qu’il y parait. Peu de maris le sont, en tous cas à Hollywood, apparemment. »

« Je suis libre, affranchie de ma servitude. Libérée, délivrée ! »

« Et quand on veut que quelqu’un nous aime, on lui dit ce qu’il a envie d’entendre. »

« Quand on dit la vérité – celle qui est barbante en tout cas -, les gens s’impatientent, leur regard se perd dans le vague à mesure que leur attention s’évapore. Au bout d’un moment, ils s’en rendent compte, se figent en marmonnant, penauds : « Qu’est-ce qu’on disait, déjà ? » Et ils tentent maladroitement de feindre l’intérêt. »

« La forme de flatterie la plus sincère n’est-elle pas l’imitation ? »

« Lorsque vous dites la vérité vous n’avez à vous souvenir de rien »

« Plutôt que de devenir la personne que je souhaitais, je suis devenue celle qu’il voulait que je sois. »

« J’ai toujours été curieuse, j’aime espionner les conversations d’inconnus, lire par-dessus leurs épaules, étudier mon voisin dans le métro, tendre le cou pour voir les messages sur son téléphone. C’est une autre de mes mauvaises habitudes. Une de plus. »

« Encore une autre de mes mauvaises habitudes : parler trop, poser trop de questions. C’est sans doute aussi pour ça que je mens : pour remplir les silences, empêcher les gens de partir. »


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Caroline

♡ Bienvenue ♡
Je relis, j’annote, je surligne… pour ne rien oublier de mes lectures. Pour chaque tome, je rédige des chroniques avec mon avis, mais aussi des résumés spoilants.
L’objectif : Nous permettre de nous replonger dans l’histoire sans avoir à relire tout le livre avant de continuer la saga.
➳ Pratique, non ?