« Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune », de Mai Mochizuki

« VĂ©ritable phĂ©nomĂšne, ce roman va vous faire ronronner le cƓur ! »

À Kyoto, un cafĂ© ambulant tenu par des chats maĂźtres en astrologie fait son apparition comme par magie les soirs de pleine lune. À la lueur des Ă©toiles, cette mystĂ©rieuse roulotte accueille les humains qui en ont besoin.

Fondant au chocolat et sa glace de pleine lune, cafĂ© glacĂ© au sirop d’aurore
 En dĂ©gustant les desserts prĂ©parĂ©s sur-mesure, les clients se confient aux Ă©tonnants tenanciers Ă  moustaches. Et grĂące Ă  la lecture de leur thĂšme astral, tous comprennent peu Ă  peu Ă  quel moment ils se sont Ă©garĂ©s. L’interprĂ©tation de la carte du ciel leur permettra-t-elle de surmonter les obstacles qui les ont dĂ©tournĂ©s du bonheur ?

Autrice et scĂ©nariste de mangas, Mai Mochizuki est nĂ©e Ă  Hokkaido. Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune a rencontrĂ© un vif succĂšs au Japon. AdaptĂ© en sĂ©rie, l’ouvrage est traduit dans prĂšs de vingt langues.


✍ Auteure : Mai Mochizuki (japonaise)
📒 Maison d’Ă©dition : Points
đŸ–€ Genre : LittĂ©rature Ă©trangĂšre
📅 Sortie : 10 octobre 2025
📖 Pagination : 216 pages

📗 DĂ©but de lecture : 03/01/2026
📕 Fin de lecture : 04/01/2026
⭐ Ma note : 5/5


đŸȘ¶ Mon avis

🐈‍⬛ Une parenthùse inattendue dans mes lectures

Je n’attendais rien de particulier de « Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune« . Et c’est peut‑ĂȘtre prĂ©cisĂ©ment pour cela que cette lecture m’a autant marquĂ©e. Loin de mes genres de prĂ©dilection que sont la romance et la fantasy, ce roman est arrivĂ© Ă  un moment oĂč j’enchaĂźnais des lectures plus sombres, des thrillers exigeants, parfois Ă©prouvants. Il a Ă©tĂ© ce que j’appellerais volontiers un souffle, une respiration nĂ©cessaire.

DĂšs les premiĂšres pages, j’ai ressenti cette impression rare : celle d’entrer dans un espace de quiĂ©tude, un lieu oĂč tout est doux, bienveillant, presque feutrĂ©. Une lecture « doudou », au sens le plus noble du terme, qui ne cherche pas Ă  impressionner mais Ă  apaiser. Et dans un paysage littĂ©raire souvent dominĂ© par la surenchĂšre Ă©motionnelle ou dramatique, cette simplicitĂ© assumĂ©e m’a profondĂ©ment touchĂ©e.

🐈‍⬛ Un cafĂ© Ă©phĂ©mĂšre, hors du temps

Le cƓur du roman repose sur une idĂ©e aussi simple que sĂ©duisante : un cafĂ© mystĂ©rieux qui n’apparaĂźt que les nuits de pleine lune, dans les rues de Kyoto. Un lieu sans adresse fixe, rĂ©servĂ© Ă  celles et ceux qui en ont, sans toujours le savoir, le plus besoin. Ce cafĂ© n’a rien d’un dĂ©cor spectaculaire ; il est presque discret, comme s’il refusait d’ĂȘtre remarquĂ© autrement que par ceux qui sont prĂȘts Ă  le voir.

Ce qui fait toute la singularitĂ© du lieu, ce sont ses hĂŽtes : des chats, Ă  la fois serveurs, confidents et astrologues. L’idĂ©e pourrait sembler fantasque, presque enfantine, mais Mai Mochizuki la traite avec une grande dĂ©licatesse. Les chats ne sont jamais lĂ  pour amuser la galerie : ils incarnent une forme de sagesse tranquille, un regard extĂ©rieur, non jugeant, posĂ© sur les vies humaines.

Chaque visite au cafĂ© devient ainsi un moment suspendu, un instant oĂč l’on s’arrĂȘte pour regarder sa vie autrement.

🐈‍⬛ Un roman choral tout en finesse

Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune adopte une structure de roman choral, composĂ©e de plusieurs histoires qui se rĂ©pondent, se croisent, parfois se frĂŽlent sans toujours se rejoindre pleinement. Ce sont des fragments de vies, des trajectoires ordinaires : des doutes professionnels, des regrets silencieux, des peurs inavouĂ©es, des rĂȘves laissĂ©s de cĂŽtĂ©.

J’ai particuliĂšrement aimĂ© cette maniĂšre dont les personnages et leurs histoires s’entremĂȘlent. Rien n’est jamais forcé : les connexions se font naturellement, presque Ă  la marge, donnant au lecteur le sentiment d’assister Ă  un rĂ©seau invisible de destins humains. Cette construction renforce l’impression de rĂ©alisme et d’intimitĂ©, comme si l’on feuilletait un album de moments de vie.

Chaque personnage n’est prĂ©sent que le temps nĂ©cessaire. Et c’est sans doute l’une des grandes forces – et en mĂȘme temps l’une des frustrations assumĂ©es – du roman.

🐈‍⬛ La magie de l’astrologie, accessible et signifiante

L’astrologie occupe une place centrale dans le rĂ©cit, et c’est probablement l’un des aspects qui m’a le plus sĂ©duite. Je ne suis pas une passionnĂ©e d’astrologie, et pourtant, j’ai trouvĂ© la maniĂšre dont elle est intĂ©grĂ©e absolument fascinante.

Ici, pas de discours Ă©sotĂ©rique hermĂ©tique ni de jargon inaccessible. L’astrologie devient un outil de lecture de soi, une grille de comprĂ©hension douce et bienveillante. Elle sert Ă  mettre des mots sur des ressentis flous, Ă  Ă©clairer des zones d’ombre intĂ©rieures, Ă  inviter Ă  la rĂ©flexion plutĂŽt qu’à la prĂ©diction.

Ce qui m’a rĂ©ellement impressionnĂ©e, c’est la capacitĂ© de l’autrice Ă  transmettre autant de sens en si peu de pages. Chaque thĂšme astral, chaque Ă©change, apporte une clĂ© de lecture supplĂ©mentaire, sans jamais alourdir le texte. À tel point que, refermant le livre, j’ai eu Ă  mon tour envie de me renseigner sur mon propre thĂšme astral. Nouvelle passion dĂ©bloquĂ©e.

🐈‍⬛ Une lecture courte
 et parfaitement dosĂ©e

Le roman est relativement court, et c’est un choix que je trouve particuliĂšrement judicieux. Dans un genre qui se veut cosy et rĂ©confortant, une lecture trop longue aurait sans doute diluĂ© l’effet recherchĂ©. Ici, tout est question d’équilibre.

On s’attarde volontiers dans ce cafĂ©, mais sans jamais s’y installer trop longtemps. Le livre se lit facilement, presque trop vite, et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui le rend si agrĂ©able. Il s’inscrit dans cette catĂ©gorie de lectures que l’on peut glisser entre deux romans plus exigeants, comme une pause consciente, un moment pour soi.

Personnellement, j’y ai trouvĂ© un calme rare : un autre regard posĂ© sur nos quotidiens simples, sur ces existences oĂč la fantasy n’a pas sa place, mais oĂč les belles histoires peuvent tout de mĂȘme Ă©clore.

🐈‍⬛ Douceur, bienveillance et pouvoir guĂ©risseur

Si je devais rĂ©sumer ce livre en un mot, ce serait sans doute bienveillance. Rien n’est jamais cruel, abrupt ou brutal. Les personnages ne sont pas jugĂ©s, mais accueillis tels qu’ils sont, avec leurs hĂ©sitations, leurs contradictions et leurs fragilitĂ©s.

Cette douceur constante confĂšre au roman une vĂ©ritable dimension guĂ©risseuse. On retrouve ici une ambiance trĂšs proche de celle des Ɠuvres de Hayao Miyazaki et du Studio Ghibli : une poĂ©sie discrĂšte, une lenteur assumĂ©e, et cette capacitĂ© rare Ă  faire Ă©merger de la beautĂ© et du sens dans les gestes les plus simples. On n’y trouve pas de solutions miracles, ni de grandes rĂ©vĂ©lations spectaculaires. Seulement des pistes, des invitations Ă  ralentir, Ă  Ă©couter, Ă  accepter que la vie soit faite de cycles – comme les phases de la lune.

C’est un roman qui fait du bien, sans prĂ©tendre changer le monde. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.

Ce n’est donc pas un hasard si « Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune » s’inscrit pleinement dans ce que l’on appelle la littĂ©rature japonaise iyashi‑kei, littĂ©ralement la « littĂ©rature de guĂ©rison ». Ces romans feel‑good japonais ont pour vocation d’apaiser, de rĂ©conforter, et d’offrir un espace de respiration au lecteur, sans tension dramatique excessive ni enjeu spectaculaire. Si le sujet t’intĂ©resse, j’ai d’ailleurs consacrĂ© un article entier Ă  ce courant littĂ©raire sur mon site, que je t’invite Ă  dĂ©couvrir ici :

🐈‍⬛ Des rĂ©serves
 qui n’en sont pas vraiment

Si je devais formuler une rĂ©serve, elle tiendrait au fait que j’aurais aimĂ© aller plus loin dans l’histoire de chaque personnage. Certains m’ont touchĂ©e, intriguĂ©e, et j’aurais volontiers passĂ© plus de temps Ă  leurs cĂŽtĂ©s.

Mais en y rĂ©flĂ©chissant, je crois que cette frustration fait partie intĂ©grante du projet. Approfondir davantage aurait risquĂ© d’alourdir le rĂ©cit, de rompre cet Ă©quilibre fragile qui fait tout son charme. Cette lĂ©gĂšretĂ© assumĂ©e est sans doute ce qui permet au roman de rester aussi fluide et agrĂ©able.

Il est possible que mon envie d’en savoir plus soit aussi le reflet de mes habitudes de lectrice, souvent plongĂ©e dans des univers trĂšs construits, denses, parfois complexes. Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune m’a justement offert l’occasion de souffler entre deux grandes lectures. Et c’est une expĂ©rience que je compte bien renouveler.

🐈‍⬛ Dans la lignĂ©e des romans japonais feel‑good

Difficile de ne pas rapprocher ce roman d’autres titres japonais contemporains qui explorent des thĂ©matiques similaires, comme « Avant que le cafĂ© ne refroidisse » de Toshikazu Kawaguchi ou « La papeterie » Tsubaki d’Ito Ogawa.

On y retrouve ce goĂ»t pour les lieux symboliques, les rencontres Ă©phĂ©mĂšres, les rĂ©cits intimistes et la contemplation du quotidien. Mais « Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune » s’en distingue par son approche astrologique et par la prĂ©sence des chats, qui apportent une touche singuliĂšre et poĂ©tique.

LĂ  oĂč certains romans misent sur une mĂ©canique narrative plus rĂ©pĂ©titive, celui‑ci privilĂ©gie la sensation, l’atmosphĂšre, l’émotion douce et diffuse.

🐈‍⬛ Pourquoi ce livre trouve autant d’écho aujourd’hui

Sur les rĂ©seaux sociaux – Instagram, Babelio, BookTok – les retours des lecteurs convergent souvent vers les mĂȘmes mots : douceur, rĂ©confort, apaisement. Ce succĂšs n’a rien d’anodin.

Dans un contexte oĂč tout va vite, oĂč l’on est constamment sollicitĂ©, ce type de lecture agit comme un refuge. Il ne demande pas un investissement Ă©motionnel lourd, mais offre en Ă©change une pause sincĂšre, presque mĂ©ditative.

Ce roman rappelle que la littĂ©rature n’a pas toujours besoin d’ĂȘtre spectaculaire pour ĂȘtre essentielle.

🐈‍⬛ Conclusion – Une lecture Ă  savourer comme une soirĂ©e de pleine lune

« Le CafĂ© secret des nuits de pleine lune » est une lecture que je recommande chaleureusement, en particulier Ă  celles et ceux qui cherchent un moment de calme, une parenthĂšse hors du tumulte.

Ce n’est pas un roman qui bouleverse par son intrigue, mais par sa capacitĂ© Ă  faire du bien. Un livre Ă  lire lentement, peut‑ĂȘtre lors d’une soirĂ©e tranquille, comme on observerait la lune en silence.

Pour ma part, c’est une expĂ©rience que je compte renouveler trĂšs rĂ©guliĂšrement, entre deux lectures plus intenses. Parce que parfois, la littĂ©rature est aussi lĂ  pour nous rappeler de respirer, Ă  la maniĂšre d’un film du Studio Ghibli que l’on regarde en silence, le cƓur apaisĂ©, simplement pour le plaisir de ressentir.

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FIN

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💬 Citations

« Le CafĂ© de la pleine lune n’a pas d’adresse fixe. De temps Ă  autre, il apparaĂźt lĂ  oĂč bon lui semble : dans une rue commerçante familiĂšre, une gare terminus, au bord d’une riviĂšre calme. Nous ne prenons pas les commandes des clients. »


Instagram @caroline.book.club

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Caroline

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Je relis, j’annote, je surligne
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