« Les Septs maris d’Evelyn Hugo », de Taylor Jenkins Reid

C’est Ă  vous, et Ă  vous seule que s’adresse cette confession…

À l’aube de ses quatre-vingts ans, Evelyn Hugo, lĂ©gende du cinĂ©ma, est enfin prĂȘte Ă  dire la vĂ©ritĂ© sur sa vie aussi glamour que scandaleuse. Mais quand cette actrice, vieillissante et solitaire, dĂ©crĂšte qu’elle fera ces rĂ©vĂ©lations Ă  Monique Grant, journaliste pour un obscur magazine, personne ne comprend son choix. La journaliste dĂ©cide de saisir cette occasion pour lancer sa carriĂšre. Elle Ă©coute avec fascination l’histoire de cette actrice mariĂ©e sept fois. Une histoire d’ambition, d’amitiĂ© et d’amour dĂ©fendu. À mesure qu’elle recueille les confidences d’Evelyn, la journaliste comprend que leurs destins sont Ă©troitement liĂ©s
 

Best-seller international et incroyable phĂ©nomĂšne TikTok, Les Sept Maris d’Evelyn Hugo est en cours d’adaptation par Netflix.


✍ Auteure : Taylor Jenkins Reid (amĂ©ricaine)
📒 Maison d’Ă©dition : Les Éditions Haute Ville
đŸ–€ Genre : Romance contemporaine
📅 Sortie : 07 septembre 2022
📖 Pagination : 504 pages

📗 DĂ©but de lecture : 27/02/2026
📕 Fin de lecture : 06/03/2026
⭐ Ma note : 5/5


đŸȘ¶ Mon avis

đŸŽžïžâ­ Le mythe, la femme, la vĂ©ritĂ©.
Une légende qui choisit enfin de parler.

À 79 ans, Evelyn Hugo — icĂŽne du vieux Hollywood — dĂ©cide enfin de raconter sa vie. Mais pas Ă  n’importe qui. Elle choisit Monique Grant, une journaliste encore inconnue, pour Ă©crire sa biographie complĂšte. Ce choix intrigue, questionne, dĂ©range presque. Pourquoi elle ?

TrĂšs vite, le rĂ©cit dĂ©passe le simple cadre d’une interview. Ce qui se joue ici, ce n’est pas un retour nostalgique sur une carriĂšre, mais une vĂ©ritable reprise de pouvoir. Evelyn est la derniĂšre Ă  pouvoir parler. Ses sept maris sont morts, les versions mĂ©diatiques ont figĂ© une image, souvent fausse, souvent tronquĂ©e. Elle est dĂ©sormais libre de dĂ©construire ce mythe qu’elle a elle-mĂȘme contribuĂ© Ă  bĂątir.

Et surtout, elle est prĂȘte Ă  dire ce que le monde n’a jamais voulu entendre.

đŸŽžïžâ­ Evelyn Hugo : une hĂ©roĂŻne qui dĂ©range autant qu’elle fascine

Evelyn Hugo est de ces personnages que l’on n’oublie pas. Elle captive, elle irrite parfois, elle fascine constamment. Elle est ambitieuse, brillante, calculatrice. Elle aime ĂȘtre regardĂ©e, admirĂ©e, dĂ©sirĂ©e — et elle ne s’en excuse jamais.

Mais derriĂšre cette façade parfaitement maĂźtrisĂ©e, se dessine une rĂ©alitĂ© bien plus complexe. Evelyn est une femme qui a trĂšs tĂŽt compris qu’elle Ă©voluait dans un monde qui ne lui laisserait aucune place si elle ne la prenait pas elle-mĂȘme. Elle n’a pas grandi avec le luxe du choix, mais avec la nĂ©cessitĂ© de survivre.

Ses dĂ©cisions, parfois dures, parfois moralement discutables, prennent alors une autre dimension. Peut-on rĂ©ellement juger une femme qui n’a jamais Ă©tĂ© libre ? Une femme qui a dĂ» composer avec un systĂšme profondĂ©ment inĂ©galitaire, oĂč son corps, son image et mĂȘme ses relations Ă©taient constamment surveillĂ©s, contrĂŽlĂ©s, exploitĂ©s ?

Evelyn ne cherche pas Ă  ĂȘtre aimĂ©e. Elle cherche Ă  exister. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui la rend si profondĂ©ment humaine.

đŸŽžïžâ­ Hollywood : le vernis du glamour, la violence en dessous

Le roman brille par son immersion dans le Hollywood des annĂ©es 50 Ă  80, une Ă©poque oĂč tout semble briller de mille feux. Les robes somptueuses, les tapis rouges, les cĂ©rĂ©monies
 tout est lĂ  pour faire rĂȘver.

Mais trĂšs vite, le vernis se fissure.

DerriĂšre cette façade glamour se cache une industrie profondĂ©ment marquĂ©e par la misogynie. Les femmes y sont rĂ©duites Ă  leur apparence, façonnĂ©es pour plaire, contrĂŽlĂ©es dans leurs choix, parfois mĂȘme dans leur intimitĂ©. Leur corps devient un outil, leur image une marchandise.

Certaines scĂšnes sont particuliĂšrement difficiles Ă  lire. Elles mettent en lumiĂšre des abus, des silences imposĂ©s, des violences que l’on prĂ©fĂšre ne pas voir. À plusieurs moments, le roman fait Ă©cho Ă  des rĂ©alitĂ©s bien contemporaines, presque insoutenables. Ce que l’on dĂ©couvre n’a rien de romancĂ©. C’est cru, dĂ©rangeant, et profondĂ©ment rĂ©voltant.

Être une femme dans cet univers ne signifie pas briller. Cela signifie survivre.

đŸŽžïžâ­ Racisme et homophobie : des identitĂ©s qu’on oblige Ă  taire

L’une des grandes forces du roman rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă  aborder, avec justesse et sans dĂ©tour, des thĂ©matiques sociales fortes.

À travers Monique, on perçoit les tensions liĂ©es Ă  l’identitĂ©, au regard des autres, Ă  la difficultĂ© de trouver sa place lorsqu’on ne correspond pas aux normes dominantes. Son histoire personnelle vient subtilement faire Ă©cho Ă  celle d’Evelyn, comme un miroir dĂ©calĂ© mais profondĂ©ment pertinent.

Mais c’est surtout la question de l’homophobie qui marque durablement. Dans un monde oĂč l’image est tout, oĂč la rĂ©putation conditionne une carriĂšre entiĂšre, aimer devient un risque. Un danger mĂȘme. Certaines relations doivent ĂȘtre cachĂ©es, niĂ©es, transformĂ©es pour correspondre Ă  ce que la sociĂ©tĂ© accepte.

Et c’est lĂ  que le roman devient profondĂ©ment bouleversant.

Parce qu’il montre, avec une luciditĂ© presque douloureuse, ce que cela signifie de devoir taire une partie de soi pour survivre. De devoir choisir entre vĂ©ritĂ© et sĂ©curitĂ©. Entre amour et reconnaissance. Aimer ne devrait jamais ĂȘtre un combat. Et pourtant, ici, ça l’est.

đŸŽžïžâ­ Se faire une place dans un monde qui n’en laisse aucune

Ce qui traverse tout le roman, c’est cette idĂ©e de lutte. Rien n’est donnĂ©. Tout est pris, arrachĂ©, construit au prix de sacrifices parfois immenses.

Evelyn ne trouve pas sa place. Elle la fabrique. Elle la façonne Ă  coups de dĂ©cisions difficiles, de compromis, de renoncements. Elle comprend trĂšs tĂŽt que le monde ne lui offrira rien gratuitement, et qu’elle devra se battre pour chaque opportunitĂ©.

Mais cette lutte dĂ©passe son seul personnage. Elle rĂ©sonne bien au-delĂ  d’Hollywood. Elle parle de toutes celles et ceux qui doivent composer avec un systĂšme qui ne les accueille pas, qui les oblige Ă  se transformer, Ă  se taire, Ă  se plier pour exister.

Le roman rappelle avec une justesse implacable que tout le monde ne part pas avec les mĂȘmes cartes en main. Et que, pour certains, exister est dĂ©jĂ  un combat.

đŸŽžïžâ­ L’amour, le vrai — celui qu’on cache pour le protĂ©ger

Au cƓur de cette fresque, il y a l’amour. Mais pas celui que l’on affiche en couverture des magazines.

Celui dont parle ce roman est plus complexe, plus fragile, plus dangereux aussi. C’est un amour qui doit se cacher, se taire, se dissimuler pour survivre.

La relation avec Celia St. James incarne parfaitement cette tension. Elle est belle, sincĂšre, profondĂ©ment Ă©mouvante. Mais elle est aussi contrainte, empĂȘchĂ©e, enfermĂ©e dans un cadre qui ne lui permet pas d’exister librement.

Et c’est sans doute là que le roman touche le plus juste.

Parce qu’il met en lumiĂšre une rĂ©alitĂ© profondĂ©ment injuste : celle de devoir renoncer Ă  vivre pleinement ce que l’on ressent, simplement pour continuer Ă  exister dans le regard des autres.

đŸŽžïžâ­ Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©passe la fiction

Ce qui frappe, en refermant ce roman, c’est Ă  quel point il dĂ©passe le simple cadre de la fiction. Evelyn Hugo n’existe pas, et pourtant, tout en elle semble rĂ©el.

Son histoire devient un prisme Ă  travers lequel observer une Ă©poque, une industrie, mais aussi des mĂ©canismes sociaux qui, pour certains, n’ont pas disparu.

Le roman interroge. Il dĂ©range. Il oblige Ă  regarder en face des rĂ©alitĂ©s que l’on prĂ©fĂšre souvent ignorer.

Et surtout, il rappelle une chose essentielle : aucune vie ne vaut plus qu’une autre. Aucun amour ne devrait ĂȘtre cachĂ©. Aucune identitĂ© ne devrait ĂȘtre niĂ©e.

đŸŽžïžâ­ Une claque nĂ©cessaire

es Sept Maris d’Evelyn Hugo est une lecture qui marque profondĂ©ment. Une lecture qui fait passer par toutes les Ă©motions, de la fascination Ă  la colĂšre, de l’admiration aux larmes.

C’est un roman qui raconte une vie, mais qui dit bien plus que cela. Il parle de ce que l’on est prĂȘt Ă  sacrifier pour exister, de ce que la sociĂ©tĂ© impose, et de ce qu’il en coĂ»te de vouloir ĂȘtre soi.

Une Ɠuvre forte, engagĂ©e, bouleversante.
Une claque. Une vraie.

******

FIN

******




💬 Citations

« DĂ©fonce le patriarcat chĂ©rie ! »

« Le charisme c’est un charme qui force le dĂ©vouement. »

« Obligez les Ă  vous payer comme si vous Ă©tiez un homme blanc. »

« Lorsqu’on vous offre l’occasion de changer le cours de votre vie, soyez prĂȘte Ă  faire ce qu’il faudra pour que ça arrive. Le monde ne donne pas les choses, c’est vous qui les prenez. »

« MĂ©fiez-vous des hommes qui ont quelque chose Ă  prouver. »

« Les louanges sont comme une drogue, plus vous en recevez plus vous en avez besoin. »

« Il faut que tu trouves un travail dans lequel tu as l’impression d’avoir un cƓur immense. »

« DerriĂšre chaque jolie femme, il y a un homme qui en a marre de la baiser. ça fonctionne dans les deux sens. »

« Vous n’ĂȘtes pas ordinaire. N’autorisez jamais personne Ă  vous le laisser croire. »

« Je me suis dit que tu Ă©tais la femme la plus ravissante de la crĂ©ation, et que nous devrions toutes cesser d’essayer de t’Ă©galer. »

« Les gens pensent que l’intimitĂ© est une histoire de sexe. Mais c’est surtout une histoire de confiance. »

« Peu importe combien une femme est jolie, (
), elle est toujours moins attirante une fois qu’il a couchĂ© avec elle. »

« AprĂšs sa mort, je ne pleurais que sous la douche, lĂ  oĂč personne ne pouvait me voir ni m’entendre, oĂč je ne pouvais distinguer mes larmes de l’eau. »

« Un mariage, ce n’est rien d’autre qu’une promesse. »


Instagram @caroline.book.club

Laisser un commentaire

Caroline

♡ Bienvenue ♡
Je relis, j’annote, je surligne
 pour ne rien oublier de mes lectures. Pour chaque tome, je rĂ©dige des chroniques avec mon avis, mais aussi des rĂ©sumĂ©s spoilants.
L’objectif : Nous permettre de nous replonger dans l’histoire sans avoir à relire tout le livre avant de continuer la saga.
➳ Pratique, non ?