« Fou de la reine », de Kentin Jarno

UNE ROMANCE DARK ACADEMIA RIVALS TO LOVERS.

Dans les Alpes suisses, l’acadĂ©mie Castelan forme l’Ă©lite de demain aux trois arts nobles : Ă©checs, théùtre et littĂ©rature. Églantine, Ă©tudiante brillante et discrĂšte, voit sa vie basculer lorsqu’une mystĂ©rieuse application d’Ă©checs apparaĂźt sur son tĂ©lĂ©phone. Le jeu en apparence innocent se rĂ©vĂšle macabre : chaque piĂšce perdue sur l’Ă©chiquier virtuel correspond Ă  une personne retrouvĂ©e morte sur le campus.

Pour arrĂȘter le coupable, Églantine doit s’allier Ă  son plus grand rival, l’insaisissable et fascinant Riven, dont la proximitĂ© fait naĂźtre en elle une attirance inattendue. Mais alors que la mort rĂŽde dans les couloirs du chĂąteau et que chaque professeur, chaque Ă©tudiant pourrait ĂȘtre le meurtrier, peut-elle vraiment faire confiance Ă  ce garçon Ă©nigmatique ?


✍ Auteure : Kentin Jarno (français)
📒 Maison d’Ă©dition : NOX – Albin Michel
đŸ–€ Genre : Romance Dark Academia
📅 Sortie : 28 janvier 2026
📖 Pagination : 512 pages

📗 DĂ©but de lecture : 16/02/2026
📕 Fin de lecture : 28/02/2026
⭐ Ma note : 5/5


đŸȘ¶ Mon avis

♟ Une partie d’échecs aussi brillante que dĂ©vastatrice

Avec Fou de la reine, Kentin Jarno nous plonge au cƓur de l’acadĂ©mie Castelan, une institution d’élite nichĂ©e dans un chĂąteau gothique isolĂ© en Suisse. Ici, l’excellence est une exigence, la pression une norme, et les Ă©tudiants Ă©voluent dans un huis clos aussi prestigieux qu’étouffant.

RĂ©partis en diffĂ©rentes sections — Ă©checs, littĂ©rature, théùtre — ils coexistent plus qu’ils ne se rencontrent, renforçant cette sensation d’isolement et de tension permanente. Un huis clos dans un huis clos, oĂč chaque regard semble peser, chaque silence dissimuler quelque chose.

Mais l’équilibre dĂ©jĂ  fragile de cet univers bascule lorsqu’une mystĂ©rieuse application d’échecs apparaĂźt. Ce qui n’était qu’un jeu devient rapidement une mĂ©canique macabre : Ă  chaque coup jouĂ©, une vie est fauchĂ©e.

Au centre de cette partie mortelle, Églantine, brillante et atypique, se retrouve contrainte de s’allier à son rival Riven. Ensemble, ils vont tenter de comprendre les rùgles de ce jeu cruel
 avant d’en devenir les prochaines victimes.

♟Une Ɠuvre audacieuse et immersive

Difficile de faire entrer Fou de la reine dans une case. Romance ? Thriller ? Dark academia ? Le roman emprunte Ă  tous ces genres sans jamais s’y enfermer, et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui fait sa force.

L’ambiance dark academia est ici parfaitement maĂźtrisĂ©e. Le cadre — un chĂąteau isolĂ©, une Ă©lite intellectuelle, une compĂ©tition constante — crĂ©e une atmosphĂšre lourde, presque suffocante. On ressent la pression, l’angoisse, cette impression persistante que quelque chose ne tourne pas rond.

À cela s’ajoute une intrigue brillante : un jeu d’échecs grandeur nature, oĂč chaque mouvement a des consĂ©quences irrĂ©versibles. Le suspense est constant, les thĂ©ories du lecteur sans cesse remises en question, jusqu’à un final qui ne laisse pas indemne.

Et si l’enquĂȘte est aussi prenante, c’est parce qu’elle repose sur une construction solide et une tension savamment dosĂ©e. L’auteur joue avec ses lecteurs comme avec ses personnages, les menant lĂ  oĂč ils ne s’y attendent pas.

♟ Des personnages humains et inoubliables

L’un des plus grands points forts du roman rĂ©side dans ses personnages.

Églantine, d’abord, surprend. ImprĂ©visible, maladroite, parfois dĂ©routante, elle incarne une libertĂ© et un charme solaire dans cet univers codifiĂ©.

Face Ă  elle, Riven. Froid, contrĂŽlĂ©, fermĂ©. Et pourtant, derriĂšre cette carapace, se cache une complexitĂ© bouleversante, notamment liĂ©e Ă  ses troubles alimentaires. Leur dynamique fonctionne Ă  merveille : opposĂ©s en apparence, ils se rĂ©pondent, s’équilibrent, se rĂ©vĂšlent.

Leur relation, construite sur une rivalitĂ© initiale, Ă©volue avec subtilitĂ© vers quelque chose de profond, sans jamais tomber dans la facilitĂ©. Mais au-delĂ  du duo principal, ce sont aussi les personnages secondaires qui marquent. Aucun n’est laissĂ© de cĂŽtĂ© : chaque Ă©lĂšve devient un pion dans ce jeu mortel, qu’il soit aimĂ© ou dĂ©testĂ©.

♟ Des thĂ©matiques fortes, traitĂ©es avec justesse

Fou de la reine ne se contente pas de divertir. Il questionne, dérange, touche.

HarcÚlement, agressions, solitude, pression sociale, mais aussi troubles du comportement alimentaire, anorexie, dysmorphophobie. Des sujets lourds, parfois difficiles, mais abordés avec une grande justesse.

LĂ  oĂč le roman se distingue particuliĂšrement, c’est dans son refus de romantiser ces rĂ©alitĂ©s. Il montre, sans embellir. Il nomme, sans juger.

Le traitement des troubles alimentaires, notamment Ă  travers Riven, est d’une sincĂ©ritĂ© rare, et rĂ©sonne avec une vĂ©ritĂ© troublante.

♟Une plume poĂ©tique et percutante

La plume de Kentin Jarno s’impose dĂšs les premiĂšres pages : poĂ©tique, fluide, immersive. Les mĂ©taphores et images sont justes, et chaque mot est choisi pour renforcer l’atmosphĂšre et l’addictivitĂ© du rĂ©cit.

♟ Une expĂ©rience de lecture immersive jusque dans l’objet livre

Au-delĂ  du texte, Fou de la reine est aussi une expĂ©rience visuelle et sensorielle. L’objet livre est pensĂ© dans les moindres dĂ©tails : illustrations en dĂ©but de chapitre, plan du chĂąteau, intĂ©gration de messages, visuels de l’application d’échecs


Tout contribue Ă  renforcer l’immersion. La structure en trois actes, comme une piĂšce de théùtre, donne du rythme au rĂ©cit, tandis que les diffĂ©rents supports narratifs viennent enrichir la lecture.

C’est un roman qui se lit, mais aussi qui se vit.

♟Quelques limites Ă  nuancer

Malgré ses nombreuses qualités, le roman peut ne pas convenir à tous les lecteurs.

Certaines scĂšnes, notamment les meurtres, sont particuliĂšrement explicites et peuvent heurter les plus sensibles. L’intensitĂ© Ă©motionnelle et la violence de certains passages ne sont clairement pas Ă  prendre Ă  la lĂ©gĂšre.

Par ailleurs, le rythme peut sembler inĂ©gal pour certains, avec une entrĂ©e en matiĂšre qui demande un peu de temps avant que l’intrigue ne dĂ©ploie pleinement son potentiel.

Enfin, le dĂ©nouement, bien que surprenant, pourra diviser. LĂ  oĂč certains salueront son audace, d’autres pourront le trouver plus difficile Ă  accepter ou lĂ©gĂšrement dĂ©routant.

♟Mon expĂ©rience de lecture

J’ai adorĂ©. Vraiment.

Ce roman m’a happĂ©e dĂšs les premiĂšres pages et ne m’a plus lĂąchĂ©e. L’ambiance dark academia, ce huis clos oppressant, cette tension constante
 tout m’a immĂ©diatement sĂ©duite.

Mais ce qui m’a le plus marquĂ©e, au-delĂ  de l’intrigue, ce sont les Ă©motions.

Je ne m’attendais pas Ă  ĂȘtre autant touchĂ©e par les thĂ©matiques abordĂ©es, en particulier celles liĂ©es aux troubles alimentaires. Certaines phrases m’ont percutĂ©e de plein fouet, au point de rĂ©veiller des souvenirs, des rĂ©flexions que j’avais moi-mĂȘme enfouis. Et c’est lĂ  que ce livre devient plus qu’une lecture : il devient un miroir.

J’ai aussi Ă©tĂ© bluffĂ©e par la construction du rĂ©cit, par cette capacitĂ© Ă  nous perdre, Ă  nous faire douter, Ă  jouer avec nous jusqu’au bout.

Et puis il y a cette relation entre Églantine et Riven
 juste, sincùre, humaine.

C’est un roman qui m’a fait ressentir beaucoup. Trop, parfois. Mais c’est prĂ©cisĂ©ment pour ça que je l’ai autant aimĂ©.

♟Conclusion

Fou de la reine est un roman marquant, intense, dérangeant parfois.

C’est une Ɠuvre ambitieuse, qui bouscule les codes et refuse la facilitĂ©. Un roman qui demande Ă  ĂȘtre lu avec attention, mais qui offre en retour une expĂ©rience forte, immersive et mĂ©morable.

⚠ À ne pas mettre entre toutes les mains, en raison de ses thĂ©matiques et de certaines scĂšnes difficiles.

Mais pour les lecteurs en quĂȘte :

  • d’une ambiance dark academia rĂ©ussie
  • d’une intrigue originale et prenante
  • de personnages complexes et touchants
  • et d’un roman qui fait rĂ©flĂ©chir autant qu’il fait ressentir

👉 alors oui, sans hĂ©siter : lancez-vous. Et prĂ©parez-vous Ă  jouer une partie dont vous ne sortirez pas tout Ă  fait indemne.

♟Quelques mots pour l’auteur

Parce qu’un roman comme celui-ci ne laisse pas indemne, impossible de ne pas s’adresser directement à l’auteur :

  • Note 1 : Peut-on avoir un tome sur la section LittĂ©rature et un autre sur la section Théùtre ?? Please !!!
  • Note 2 : J’ai failli mourir Ă  ta premiĂšre “FIN”
 On ne rigole pas avec ça !!!
  • Note 3 : Merci pour tes remerciements. Mais c’est nous qui te remercions pour ce livre si intime oĂč tu dĂ©voiles une partie de ta vie. Tu n’es pas seul. Ça va aller...

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FIN

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💬 Citations

« Sapristi de tralala ! »

« Il est grand temps qu’il porte ses mandarines ratatinĂ©es »

« Allez avoue : tu es fou de la reine ! »

« Le commun des mortels ne soupçonne pas tout ce qu’on apprend sur lui quand on se donne la peine d’arrĂȘter de voir et de commencer Ă  regarder. »

« Si les gens ne t’aiment pas, ce n’est pas parce que tu es trop, c’est parce qu’ils ne sont pas assez. »

« Je veux que tu gardes la tĂȘte haute, me dit-il. Peut-ĂȘtre que tout le monde te regardera, mais leur jugement sera le reflet de qui ils sont. Pas de qui tu es. »

« Si nous Ă©tions des mots, je serais « Ă©chec » et tu serais « hĂąte ». Parce que « Ă©chec aime hĂąte. »

« MalgrĂ© ton visage angĂ©lique et tes yeux bleu clair, tu as une tĂȘte Ă  claque. On a autant envie de t’embrasser que de t’en coller une. »

« Les sentiments, on ne les contrĂŽle pas. On les subit »

« Ă‰glantine, rien n’est trop si tout est toi
 »

« Je n’aime pas laisser les gens entrer dans ma vie. Moins on s’attache, moins on a de points faibles. Moins on est vulnĂ©rable. »

« Avoir laissĂ© entrer cette fille dans ma vie ne m’a pas affaibli. Ça m’a rendu plus solide que jamais. »

« Je ne t’ai pas entendue, Églantine. Je t’ai Ă©coutĂ©e. Je t’ai toujours Ă©coutĂ©e. »

« Je peux vivre sans toi. Mais je n’en ai pas envie. »

« Sans ce jeu, rien n’a de sens. Pas de vie, pas d’existence. Pas d’ici, pas de distance. Pas d’amis, pas de souffrance. »

« Mon grand-pĂšre me disait toujours que le bonheur entre par la bouche et sort par le cul. »

« Et pour info, le cousin PokĂ©mon, c’en est encore un autre : il s’appelle Cole. C’est le fils de la sƓur de ma mĂšre mais on ne se voit pas souvent, il habite Ă  Paris. »

« Quand on affronte quelque chose de difficile, on a peur de le verbaliser, comme si ça allait rendre la chose plus rĂ©elle. Mais elle est dĂ©jĂ  rĂ©elle. La taire ne la fera pas disparaĂźtre »

« Parfois, plus on ignore un problĂšme et plus il en devient important, voire omniprĂ©sent »

« Je ne suis pas insensible. J’essaie de rester hermĂ©tique aux autres parce que quand on s’attache, on dĂ©veloppe un point faible »


Instagram @caroline.book.club

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Caroline

♡ Bienvenue ♡
Je relis, j’annote, je surligne
 pour ne rien oublier de mes lectures. Pour chaque tome, je rĂ©dige des chroniques avec mon avis, mais aussi des rĂ©sumĂ©s spoilants.
L’objectif : Nous permettre de nous replonger dans l’histoire sans avoir à relire tout le livre avant de continuer la saga.
➳ Pratique, non ?