« Damnatis », de Marie Bona

LA FOI. LE FEU. LE SANG.

Boston, Massachusetts.
Un tueur sĂšme la terreur.
Cinq femmes rousses assassinées.
Cinq tortures médiévales abominables.
Cinq phrases latines indéchiffrables.
L’enquĂȘte mĂšne l’inspecteur Cops jusqu’à Gary Olden, professeure Ă  Harvard. Avec sa chevelure de feu, cette derniĂšre bouscule le flic cynique et orgueilleux. Face Ă  l’horreur, leurs certitudes se brisent, leur attirance est explosive. Quand Gary devient la cible, il n’est plus question d’enquĂȘte, mais de survie.

Damnatis de Marie Bona, histoire intégrale.
Attention, ce roman contient des scÚnes difficiles pouvant heurter la sensibilité des lecteurs.


✍ Auteure : Marie Bona (française)
📒 Maison d’Ă©dition : Adonia
đŸ–€ Genre : Romance suspens, Thriller
📅 Sortie : 06 novembre 2025
📖 Pagination : 446 pages

📗 DĂ©but de lecture : 20/12/2025
📕 Fin de lecture : 31/12/2025
⭐ Ma note : 5/5


đŸȘ¶ Mon avis

đŸ”„ Damnatis : quand la foi, le feu et le sang se rencontrent

Quelle claque !
Damnatis a Ă©tĂ© ma derniĂšre lecture de l’annĂ©e et, clairement, je n’aurais pas pu mieux terminer : un vĂ©ritable bonbon pĂ©tillant, intense, sombre et terriblement addictif. Un coup de cƓur, sans la moindre hĂ©sitation.

DĂšs les premiĂšres pages, j’ai Ă©tĂ© happĂ©e. L’histoire commence vite, trĂšs vite, puis se construit peu Ă  peu autour de nous, de nos Ă©motions, de nos certitudes de lecteurs. On avance avec cette impression troublante d’ĂȘtre Ă  la fois spectatrice et actrice d’un engrenage qui se referme lentement.

đŸ”„ Une dĂ©couverte inattendue
 et un choc immĂ©diat

Damnatis n’était pas un roman que l’on attendait. MalgrĂ© une premiĂšre vie en auto-Ă©dition il y a trois ans, il est arrivĂ© sur les rĂ©seaux presque en silence, sans promesse tapageuse ni attente dĂ©mesurĂ©e. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui a rendu la dĂ©couverte aussi forte.

Je suis entrĂ©e dans cette lecture sans anticipation particuliĂšre, simplement portĂ©e par la curiositĂ©. TrĂšs vite, j’ai compris que j’avais entre les mains bien plus qu’un thriller romantique efficace. J’ai retrouvĂ© ce que je recherche avant tout dans ce type de roman : une tension constante, presque Ă©touffante, une intrigue qui ne laisse aucun rĂ©pit, et cette sensation grisante de ne pas pouvoir refermer le livre.

Ce qui m’a frappĂ©e, c’est la maniĂšre dont l’enquĂȘte et la relation entre les personnages s’entrelacent naturellement. La dynamique grumpy x sunshine ne vient pas cocher une case attendue : elle nourrit la narration, renforce la tension et donne au rĂ©cit une Ă©nergie presque Ă©lectrique.

Et puis il y a la plume. Une Ă©criture que je n’attendais pas aussi poĂ©tique dans un univers aussi sombre. L’horreur est lĂ , frontale parfois, mais toujours portĂ©e par une langue sensorielle et Ă©lĂ©gante, qui donne au rĂ©cit une profondeur inattendue.

Ce qui aurait pu rester une simple surprise est devenu, pour moi, une vĂ©ritable claque. Damnatis ne s’est pas contentĂ© de me convaincre : il m’a marquĂ©e durablement, bien au-delĂ  de ce que j’imaginais en ouvrant le livre.

đŸ”„ Une intrigue sous haute tension

L’intrigue dĂ©marre sur les chapeaux de roue et ne relĂąche jamais vraiment son emprise. J’ai suspectĂ© absolument tout le monde. Vraiment. Et malgrĂ© cela, la fin m’a percutĂ©e comme un bulldozer lancĂ© Ă  pleine vitesse.

J’ai retrouvĂ© de trĂšs fortes vibes mĂȘlant le livre Da Vinci Code (de Dan Brown) pour l’aspect symbolique, religieux, enquĂȘte et codĂ©, et le film Seven (de David Lynch) pour la noirceur de l’enquĂȘte autour d’un serial killer, la tension psychologique et la mise en scĂšne. Le tout portĂ© par une ambiance sur une playlist hard rock, brute, nerveuse, presque viscĂ©rale. Les morceaux d’AC/DC, Axl Rose, Gun’s n Roses, Scorpions… sont lancĂ©s tout au long du livre. Les sensations passent aussi par la musique et donnent de la profondeur Ă  notre lecture.

L’histoire se dĂ©roule de novembre Ă  fĂ©vrier, dans des lieux qui deviennent rapidement familiers : l’universitĂ© d’Harvard, la bibliothĂšque, le poste de police, l’appartement ultra-clean de Cops, celui — dĂ©licieusement hors du temps — de Gary. Cet ancrage renforce l’immersion et donne au rĂ©cit une sensation de rĂ©alisme troublante.

đŸ”„ Une plume poĂ©tique au cƓur de l’horreur

Je ne pensais pas que c’était possible, et pourtant : la plume de Marie Bona est belle et fluide, mĂȘme lorsqu’elle dĂ©crit l’insoutenable.

GrĂące Ă  son Ă©criture, tous nos sens sont en Ă©veil. Tout est pensĂ© pour stimuler nos perceptions, pour nous prĂ©parer — presque malgrĂ© nous — aux pires horreurs liĂ©es aux meurtres de ces jeunes femmes rousses. L’ambiance est sombre, pesante, mystĂ©rieuse
 mais elle sait aussi se faire piquante et drĂŽle, notamment lors des joutes verbales entre Cops et Gary. Ces respirations sont essentielles : elles empĂȘchent le rĂ©cit de devenir Ă©touffant et renforcent notre attachement aux personnages.

đŸ”„ Gary & Cops : un duo incandescent

Les personnages sont, sans conteste, l’un des plus grands points forts du roman.

Garance Olden, alias Gary, est spectaculaire et incendiaire. Intelligente, brillante
 et dotĂ©e d’un style vestimentaire pour le moins discutable. Du trop large, du trop colorĂ©, du trop vieux : on est trĂšs loin de la fashion week. Et pourtant, cela devient une vĂ©ritable marque de fabrique, tout comme ses iconiques Converse montantes en cuir rouge. Gary est lumineuse, imparfaite, profondĂ©ment attachante.

Jonas Cops, lui, m’a totalement conquise. Irlandais, brut de dĂ©coffrage, ours mal lĂ©chĂ©, il se dĂ©voile peu Ă  peu. DerriĂšre la rudesse apparaissent les failles, les blessures, l’histoire personnelle. Cet homme n’est pas aussi brisĂ© qu’il le prĂ©tend. Je l’imagine sans peine quelque part entre Jason Statham et Wentworth Miller (acteur de Prison Break) : bourru, tatouĂ©, fonceur, avec un esprit mordant.

Les petits mots rĂ©currents comme le petit surnom que Cops donne Ă  Gary « Bouchon » ou le trĂšs rĂ©current « Saperlipoppette«  de Gary ajoutent une touche presque tendre Ă  un rĂ©cit pourtant trĂšs sombre, et donnent aux personnages une humanitĂ© supplĂ©mentaire.

đŸ”„ Un roman qui ose et qui marque

J’ai Ă©galement dĂ©couvert un concept narratif que je ne connaissais pas : l’interlogue. Une respiration au cƓur du rĂ©cit, une sorte de “trou normand” littĂ©raire qui permet de reprendre souffle avant de replonger. Une idĂ©e audacieuse, parfaitement intĂ©grĂ©e, et que j’ai adorĂ©e dĂ©couvrir.

Mais Damnatis est aussi bien plus qu’un thriller romantique. C’est une vĂ©ritable ode aux femmes rousses, Ă  celles qui, au fil de l’Histoire, ont subi moqueries, injustices et persĂ©cutions, parfois accusĂ©es de sorcellerie. Ce sous-texte donne au roman une portĂ©e symbolique forte et profondĂ©ment fĂ©minine.

đŸ”„ Conclusion : un coup de cƓur Ă©vident

Damnatis est une réussite à tous les niveaux.
Une intrigue maßtrisée, une plume singuliÚre, des personnages mémorables, une ambiance sombre et vibrante, et un final qui laisse une empreinte durable.

J’ai eu la chance de rencontrer Marie Bona lors d’une interview Ă  la librairie Ici tout Romance Ă  Montpellier, sans la connaĂźtre auparavant. Ce roman, initialement auto-Ă©ditĂ© il y a trois ans avant d’ĂȘtre repris en 2025 par les Ă©ditions Adonia, est devenu l’un de mes plus gros coups de cƓur.

Et maintenant ?
Je le dis sans détour : je veux une suite. Un préquel. Tout.
Ce que l’autrice choisira de nous offrir sera, pour moi, du « pain bĂ©ni ».

Soutenir des autrices françaises aussi talentueuses est essentiel. Damnatis en est une preuve éclatante.

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FIN

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▶ Playlist 🎧



💬 Citations

« Saperlipopette ! »

« Pour la premiĂšre fois depuis longtemps, ce petit bouchon m’a donnĂ© l’impression d’ĂȘtre un gros con »

 » Monsieur le bourru n’est surement pas un ami de Mary Poppins qui mettra un morceau de sucre dans mon cafĂ© pour rendre sa vie plus belle. »

« J’aimais ce que je voyais, ce qu’elle cachait au grand jour. Je voyais ce que j’aimais, ce que je cachais depuis toujours. »

« Quand le doigt montre le ciel, l’imbĂ©cile regarde le doigt. »

« Une rousse a rĂ©veillĂ© un cƓur que je pensais Ă©teint Ă  tout jamais. Un cƓur qui Ă©tait prisonnier, enfermĂ© depuis des annĂ©es. Il s’est Ă©vadĂ©. Il s’est pointĂ© Ă  sa porte et s’est remis Ă  cogner. »

« Un c’est bien, deux c’est mieux. »

« Un duel passionnĂ©, un duel prisonnier. Comme deux possĂ©dĂ©s, deux damnĂ©s, nous nous embrassons Ă  en perdre haleine. Je brĂ»le pour lui. Suffoque pour lui. Me consume pour lui. »

« C’est alors que l’Ă©vidence m’interpelle : je refuse de rester clouĂ©e au sol maintenant que j’ai touchĂ© le ciel. A moi de ne pas laisser s’envoler celui qui m’a donnĂ© des ailes. »

« Gary, c’est un Ă©clat vermeil, un rayon arrachĂ© au soleil. Personne n’a le droit de l’assombrir ou de la ternir. »

« L’attirance ne s’explique pas, au mĂȘme titre que l’indiffĂ©rence. »

« Tenter de me rĂ©parer serait vain, hĂ©las. Pour venir Ă  bout de ces traces, mĂȘme la tĂ©rĂ©benthine serait inefficace. dans le couloir de la seconde chance, je n’ai pas ma place. »

« C’est NoĂ«l. La pĂ©riode de l’annĂ©e oĂč tout peut changer… »

« Le venin qui qui traversait mon corps portait le nom d’adrĂ©naline ; si ardent, si puissant… Jamais je ne m’Ă©tais senti aussi vivant. »


Instagram @caroline.book.club

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Caroline

♡ Bienvenue ♡
Je relis, j’annote, je surligne
 pour ne rien oublier de mes lectures. Pour chaque tome, je rĂ©dige des chroniques avec mon avis, mais aussi des rĂ©sumĂ©s spoilants.
L’objectif : Nous permettre de nous replonger dans l’histoire sans avoir à relire tout le livre avant de continuer la saga.
➳ Pratique, non ?