« Preziosa » de Morgane Amy

Elle devait le faire tomber. Il l’a fait basculer.

Cinq ans aprĂšs une rupture qui l’a dĂ©truite, Alessia Chaunet, assistante du procureur, s’apprĂȘte Ă  faire tomber l’organisation criminelle la plus puissante de la ville. Mais quand elle dĂ©couvre que le capo qu’elle doit affronter n’est autre que l’homme qui lui a brisĂ© le cƓur, toutes ses certitudes volent en Ă©clats. Elle va apprendre que, parfois, il faut plonger dans l’obscuritĂ© pour espĂ©rer survivre. Dans ce jeu de pouvoir et de vengeance, chacun joue avec ses propres rĂšgles.


✍ Auteure : Morgane Amy (française)
📒 Maison d’Ă©dition : Adonia – Addictives
đŸ–€ Genre : Dark Romance
📅 Sortie : 21 janvier 2026
📖 Pagination : 432 pages

📗 DĂ©but de lecture : 16 mars 2026
📕 Fin de lecture : 23 mars 2026
⭐ Ma note : 5/5 đŸ–€


đŸȘ¶ Mon avis

đŸ„Šâš–ïž Preziosa : aimer, survivre
 et douter de tout

Il y a des livres qu’on referme avec satisfaction.
Et puis il y a ceux qu’on referme avec une forme de manque, presque physique, comme si on nous arrachait quelque chose trop tît.

Preziosa de Morgane Amy appartient clairement à cette seconde catégorie.

Je ne m’attendais pas Ă  ĂȘtre autant happĂ©e. À vrai dire, je pensais entrer dans une dark romance assez classique, avec ses codes bien Ă©tablis, ses figures attendues. Mais trĂšs vite, quelque chose d’autre s’installe. Une tension plus sourde. Plus Ă©motionnelle. Plus dĂ©rangeante aussi, parfois.

Parce que Preziosa n’est pas seulement une histoire de mafia ou une romance intense. C’est une histoire qui s’infiltre, qui questionne, et surtout, qui malmùne.

Preziosa n’a pas Ă©tĂ© une simple bonne lecture pour moi.
Ça a Ă©tĂ© une lecture parfaite, addictive, et complĂštement immersive du dĂ©but Ă  la fin.

Je fais partie de ces lectrices qui savent trĂšs vite si un roman va fonctionner
 et lĂ , ça a Ă©tĂ© immĂ©diat. J’ai Ă©tĂ© happĂ©e. J’ai enchainĂ© les chapitres. Sans temps mort, sans frustration de lecture, juste ce sentiment rare d’ĂȘtre exactement lĂ  oĂč il faut ĂȘtre.

Je n’ai jamais eu envie de lñcher ce livre.

đŸ„Šâš–ïž Entre justice et mafia : une frontiĂšre qui se fissure

Ce qui frappe d’abord, c’est cette maniĂšre qu’a le roman de naviguer entre deux mondes sans jamais choisir un camp. D’un cĂŽtĂ©, il y a la justice, incarnĂ©e par Alessia, assistante du procureur, droite dans ses convictions mais profondĂ©ment marquĂ©e par ce qu’elle a vĂ©cu. De l’autre, il y a Lorenzo, capo du clan des GĂ©rimi, figure de pouvoir, de violence, mais aussi de loyautĂ© et d’attachement.

Entre les deux, il n’y a pas de frontiùre nette. Il y a des zones grises. Beaucoup trop.

Et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que le roman devient intĂ©ressant. Parce qu’il ne cherche pas Ă  simplifier. Il ne cherche pas Ă  rassurer. Il nous pousse, au contraire, Ă  nous demander oĂč se situe rĂ©ellement la justice, et surtout, jusqu’oĂč on serait prĂȘt Ă  aller si nos sentiments entraient en collision avec nos principes.

đŸ„Šâš–ïž Alessia : la rĂ©silience dans toute son imperfection

Alessia est, sans doute, le cƓur battant du roman. Ce n’est pas une hĂ©roĂŻne forte au sens hĂ©roĂŻque du terme. Elle n’est ni invincible, ni inĂ©branlable. Elle est brisĂ©e. Et c’est dans cette fragilitĂ© que rĂ©side toute sa puissance.

Ce que j’ai particuliĂšrement aimĂ©, c’est la maniĂšre dont sa reconstruction est traitĂ©e. Rien n’est linĂ©aire, rien n’est propre. Elle avance, puis recule. Elle se relĂšve, puis retombe. Et parfois, on souffre pour elle, avec elle. Elle ne surmonte pas tout. Elle apprend simplement Ă  continuer avec.

À travers elle, le roman aborde des thĂ©matiques lourdes — les violences faites aux femmes, la misogynie, les traumatismes — sans jamais tomber dans une dĂ©monstration froide. Tout passe par le ressenti, par le corps, par la mĂ©moire. Ce sont des blessures qui ne disparaissent pas, mais qui Ă©voluent, qui se transforment, et qui influencent chaque dĂ©cision.

đŸ„Šâš–ïž Lorenzo : entre fascination et inconfort

Face Ă  elle, Lorenzo incarne un paradoxe presque dĂ©rangeant. Il est tout ce qu’on attend d’un mafieux : dangereux, charismatique, imposant. Et pourtant, dĂšs qu’Alessia entre en scĂšne, quelque chose se fissure.

C’est lĂ  que le roman joue avec nos attentes, et parfois avec nos limites. Parce qu’il est difficile de ne pas s’attacher Ă  lui. Difficile de ne pas ĂȘtre touchĂ© par cette maniĂšre qu’il a de la regarder, de la protĂ©ger, de l’aimer, presque maladroitement. Et en mĂȘme temps, une part de moi aurait voulu qu’il soit davantage confrontĂ© Ă  ce qu’il reprĂ©sente, Ă  ce qu’il a fait, Ă  ce qu’il incarne.

Mais peut-ĂȘtre que c’est justement le point. Peut-ĂȘtre que Preziosa ne cherche pas Ă  nous offrir des personnages “justes”, mais des personnages crĂ©dibles, avec tout ce que cela implique d’inconfort.

đŸ„Šâš–ïž Une relation sous tension permanente

Leur relation Ă©chappe Ă  toute forme de simplicitĂ©. Ce n’est pas une romance douce, ni une Ă©vidence tranquille. C’est un lien tendu, fragile, parfois douloureux, mais impossible Ă  nier.

Ils se heurtent autant qu’ils s’attirent. Ils se testent, se provoquent, se blessent, sans jamais rĂ©ussir Ă  couper ce qui les relie. Il y a quelque chose de profondĂ©ment irrationnel dans leur attachement, et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui le rend si captivant. On ne cherche pas Ă  comprendre. On ressent.

Alessia m’a Ă©normĂ©ment touchĂ©e dans sa maniĂšre de se relever, mĂȘme quand tout en elle semble vouloir cĂ©der. Lorenzo, lui, m’a souvent mise face Ă  des contradictions — parce qu’on s’attache Ă  lui, tout en gardant en tĂȘte ce qu’il reprĂ©sente.

Et au milieu de tout ça, il y a une chose qui n’a jamais changĂ© pour moi : mon niveau de haine envers Cooper.

đŸ„Šâš–ïž Le clan des GĂ©rimi : la famiglia et les amis… alla vita, alla morte !

Ce qui rend Preziosa encore plus addictif, c’est tout l’univers autour du couple principal. Le clan des GĂ©rimi n’est pas un dĂ©cor, c’est une vĂ©ritable prĂ©sence.

Dans cette famille, il y a une chaleur rassurante qui contraste avec la violence de leur univers. On y trouve de l’humour, de la loyautĂ©, des liens forts. On s’attache Ă  eux presque malgrĂ© nous. On s’y projette. On s’y perd. Et on finit par ne plus seulement lire pour Alessia et Lorenzo, mais pour tout cet Ă©cosystĂšme qui gravite autour d’eux.

C’est une des grandes forces du roman : cette capacitĂ© Ă  crĂ©er une famille fictive crĂ©dible, vivante, et Ă©motionnellement engageante.

đŸ„Šâš–ïž Une immersion Ă©motionnelle sans rĂ©pit

La plume de Morgane Amy mĂ©rite qu’on s’y attarde. Elle n’est pas dĂ©monstrative. Elle ne cherche pas Ă  impressionner par sa complexitĂ©. Elle est fluide, directe et terriblement efficace.

Elle nous entraĂźne sans qu’on s’en rende compte. Elle nous maintient dans une tension constante, Ă©motionnelle et narrative. Parce que oui, il y a de l’action, des rebondissements, des retournements. Parfois mĂȘme beaucoup.

L’essentiel, c’est cette capacitĂ© Ă  nous faire ressentir. À nous faire rĂ©agir. À nous faire vivre chaque scĂšne avec une intensitĂ© qui dĂ©passe le simple cadre de la lecture.

Je me suis surprise Ă  ressentir de la colĂšre, de la frustration, de la peine, parfois tout en mĂȘme temps. Certaines scĂšnes m’ont vĂ©ritablement bousculĂ©e. Et ce n’est pas quelque chose que j’oublie facilement.

đŸ„Šâš–ïž Une fin qui refuse de nous laisser partir

Et puis il y a cette fin.

Je ne dirai pas grand-chose, si ce n’est qu’elle m’a laissĂ©e
 suspendue. FrustrĂ©e, oui. Mais pas dans le mauvais sens. Dans ce moment trĂšs particulier oĂč l’on comprend que l’histoire ne nous appartient plus, mais oĂč on refuse encore de la lĂącher.

On reste avec des questions. Avec des Ă©motions inachevĂ©es. Avec cette impression qu’il reste encore tant Ă  explorer.

Et surtout, avec une envie trĂšs claire : revenir.

đŸ„Šâš–ïž Une premiĂšre Ɠuvre qui annonce beaucoup

Savoir que Preziosa est un premier roman rend l’expĂ©rience encore plus marquante. Et le fait d’avoir pu Ă©changer avec Morgane Amy lors du Red Kiss Book Club (du 28 mars 2026) n’a fait que renforcer cette impression d’une autrice pleinement investie dans son univers, consciente de ce qu’elle manipule, et de ce qu’elle fait ressentir.

Lire Preziosa, c’est une chose.
Échanger avec son autrice en est une autre.

Ces échanges renforcent une impression déjà présente à la lecture :
celle d’une autrice investie, habitĂ©e par son histoire.

đŸ„Šâš–ïž Verdict : une lecture addictive qui frĂŽle le coup de cƓur absolu

Preziosa n’est pas seulement une lecture marquante.
Pour moi, ça a été une lecture totalement addictive, impossible à lùcher.

Oui, le roman peut parfois aller vite. Oui, certaines choses auraient pu ĂȘtre encore plus creusĂ©es. Mais honnĂȘtement ? Ça n’a jamais entachĂ© mon expĂ©rience de lecture. Parce que ce que Morgane Amy rĂ©ussit ici est plus fort que ça : elle capte, elle accroche, elle embarque.

On entre dans cette histoire
 et on n’en sort plus vraiment.

C’est le genre de livre qui te fait ressentir sans filtre, qui te fait passer par toutes les Ă©motions, qui te laisse essorĂ©e — mais satisfaite. Et surtout, c’est le genre de roman qui te donne envie d’y retourner dĂšs la derniĂšre page tournĂ©e.

Et ça, c’est rare. Trùs rare.

👉 Preziosa, c’est une lecture qui ne se contente pas de plaire.
C’est une lecture qui s’impose, qui obsùde, et qui reste.

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FIN

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💬 Citations

« La pluie est toujours suivie d’Ă©claircies. J’espĂšre que vous trouverez cette personne qui vous aidera Ă  passer entre les gouttes. »

« Je veux dĂ©sormais rĂ©ussir pour ces victimes sans visage Ă  qui on ne donne pas la parole. »

« On dit que le pouvoir se gagne par le sang, mais qu’il se cĂ©lĂšbre dans l’ombre. »

« Parce qu’on ne construit pas un empire avec des sentiments. On le construit avec la peur, la loyautĂ© et la guerre. »

« Je sais que c’est absurde, qu’une femme devrait toujours avoir le droit de s’habiller comme elle le souhaite. »

« Pour toutes ces femmes que l’on a, un jour, rĂ©duites au silence. »

« Ils semblent proches, tellement proches que je sens des griffes encercler mon cƓur. »

« S’il pense ĂȘtre le maĂźtre du jeu, il va comprendre qu’il faut toujours se mĂ©fier de la Reine. »

« Ne tente pas de jouer avec moi Preziosa. Tu as peut ĂȘtre pris l’habitude de gagner, mais moi je suis nĂ© pour ça. »

« Parce que je crois que j’avais besoin qu’on me dise que ce n’Ă©tait pas ma faute. Que je n’avais rien fait pour mĂ©riter ça. »

« J’ai trop souvent mis les autres en prioritĂ©. Trop souvent cru qu’aimer, c’Ă©tait s’effacer. C’Ă©tait tout accepter, mĂȘme le pire. Je refuse de refaire cette erreur. Pas alors que je viens juste de me retrouver. »

« Que des mains aussi violentes puissent me touche avec autant de douceur rĂ©veille mon dĂ©sir comme jamais. »

« C’est elle qui a le pouvoir, qui a les cartes en main. Je veux bien ĂȘtre le roi sur cet Ă©chiquier, mais j’ai besoin d’une putain de reine. Je l’ai trouvĂ©e, il faut juste qu’elle accepte sa couronne. »

« A partir de maintenant, il n’y a plus de retour en arriĂšre. Tu es ma reine et je suis ton roi. Je vais embrasser chaque cicatrice, me battre contre tes fantĂŽmes et massacrer quiconque osera te faire du mal. »

« Cet homme sait se servir de ses mains et de sa bouche. »

« Je devrais ĂȘtre en colĂšre contre toi qui prĂ©fĂšre des orgasmes Ă  sa meilleure amie, vraiment ? »

« Ce n’est plus la justice qui me guide. C’est la vĂ©ritĂ©. C’est lui. C’est nous. »

« Avec Lorenzo, la fin du repas est toujours ma prĂ©fĂ©rĂ©e. »

« C’est comme si je sentais physiquement la noirceur de leur monde m’atteindre, me contaminer peu Ă  peu. Mais je la combats. Parce que je ne suis pas ici pour me perdre dans la noirceur. Je suis lĂ  pour y tracer ma propre lumiĂšre. »

« Les plaies sur la peau cicatrisent, celles dans le cƓur restent Ă©ternelles. »

« Je veux juste que le sang coule et que ce soit hĂ©morragique. »

« Fratellanza prima. Ogni volta e per sempre. » (La fraternitĂ© avant tout. A chaque fois et pour toujours.)

Cet homme sonnera ma perte, j’en suis certaine. Mais avec lui, j’ai envie de profiter de chaque seconde de ma chute. »

« J’ai changĂ© de camp, mais pas de combat.’

« Sachez que l’on vous croit. Ce n’est pas votre faute. Ça ne le sera jamais. Votre voix compte, mĂȘme quand elle vacille. MĂȘme quand on essaie de vous faire taire. N’accordez jamais Ă  personne le pouvoir de vous voler ce droit-lĂ . Vous mĂ©ritez d’ĂȘtre Ă©coutĂ©(e)s, soutenu(e)s, respectĂ©(e)s. »


Instagram @caroline.book.club

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Caroline

♡ Bienvenue ♡
Je relis, j’annote, je surligne
 pour ne rien oublier de mes lectures. Pour chaque tome, je rĂ©dige des chroniques avec mon avis, mais aussi des rĂ©sumĂ©s spoilants.
L’objectif : Nous permettre de nous replonger dans l’histoire sans avoir à relire tout le livre avant de continuer la saga.
➳ Pratique, non ?