Dans la petite ville d’Ember Falls, July Murray a deux certitudes : elle dĂ©teste Tate Grey depuis qu’il lui a volĂ© son rĂȘve et elle doit absolument remporter le concours de pĂątisserie local pour sauver son salon de thĂ©.
Son seul obstacle ?
Tate lui-mĂȘme. Ă croire qu’il met autant d’Ă©nergie Ă ĂȘtre en travers de sa route qu’Ă ĂȘtre scandaleusement sĂ©duisant. Difficile d’imaginer qu’ils Ă©taient insĂ©parables par le passĂ©…
Dans leur routine quotidienne de piques assassines et de regards noirs, Tate débarque avec la proposition la plus inattendue et absurde qui soit : jouer sa petite amie devant ses parents qui désespÚrent de le voir se ranger.
Plus absurde encore ?
Il se pourrait bien qu’elle dise oui.
âïž Auteure : Alicia Garnier (française)
đ Maison d’Ă©dition : Nox – Albin Michel
đ One Shot
đ€ Genre : ComĂ©die Romantique
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Sortie : 04 juin 2025
đ Pagination : 528 pages
đ DĂ©but de lecture : 03/09/2025
đ Fin de lecture : 14/09/2025
â Ma note : 5/5
đȘ¶ Mon avis
Il y a des lectures qui marquent et qui laissent une empreinte douce dans le cĆur. Ember Falls dâAlicia Garnier fait partie de celles-lĂ . Pour moi, câest un coup de foudre littĂ©raire, un 5 Ă©toiles sans hĂ©sitation. Jâai plongĂ© dans ses pages comme on mord dans une tarte encore tiĂšde : avec gourmandise, Ă©motion et une pointe de nostalgie en arriĂšre-goĂ»t.
Une construction en trois temps
Le roman est divisĂ© en trois parties qui rythment parfaitement lâexpĂ©rience. La premiĂšre, « Ceci nâest pas une romance », prend le temps dâinstaller lâunivers : la petite ville dâEmber Falls, les rancunes du passĂ©, le rĂȘve brisĂ© de July et les silences lourds de Tate. Certains lecteurs ont trouvĂ© ces 200 premiĂšres pages lentes, mais jâai aimĂ© cette patience narrative qui permet de sâattacher aux personnages avant de plonger dans la romance.
La deuxiĂšme partie, « ⊠câest un fake dating ⊠», introduit enfin le jeu amoureux. Tate et July acceptent de se faire passer pour un couple devant la famille et la communautĂ©. DerriĂšre les sourires forcĂ©s et les rĂ©pliques piquantes, lâalchimie affleure et la tension devient presque palpable.
La troisiĂšme partie, « ⊠enfin, plus ou moins ! », ouvre la voie au dĂ©voilement. Les non-dits Ă©clatent, les blessures enfouies refont surface et les personnages se retrouvent face Ă eux-mĂȘmes. Câest ici que la lecture devient la plus intense, parfois douloureuse, mais tellement vibrante.
Enemies-to-lovers, fake dating et un soupçon de magie
Si vous aimez les tropes enemies-to-lovers et fake dating, vous serez servis. July et Tate incarnent ce mélange explosif de rancune et de désir, de fierté blessée et de loyauté secrÚte. Leur relation est à la fois drÎle, tendre et bouleversante. On rit de leurs joutes verbales, leurs piques, on soupire devant leurs maladresses et on a les larmes aux yeux quand les masques tombent.
Mais Ember Falls nâest pas quâune romance. Il y a cette touche de mysticisme que jâai adorĂ©e : les cartes de tarot, les cristaux, les rituels Ă©sotĂ©riques de la grand-mĂšre July. Ces Ă©lĂ©ments insufflent au rĂ©cit une atmosphĂšre « witches vibes », discrĂšte mais envoĂ»tante, qui mâa happĂ©e dĂšs les premiĂšres pages.
Lâambiance small town et la gourmandise
La petite ville dâEmber Falls, avec ses commĂ©rages et son cocon rassurant, est un personnage Ă part entiĂšre. Câest un lieu oĂč tout le monde se connaĂźt, oĂč les secrets ne restent jamais bien longtemps enfouis, et oĂč les liens se tissent malgrĂ© les rancunes. Cette ambiance cocooning mâa enveloppĂ©e, tout en accentuant les tensions : comment se cacher quand tout le monde vous observe ?
Et puis il y a la pĂątisserie. Impossible de ne pas saliver devant les tartes aux fraises, les roulĂ©s Ă la cannelle, les spĂ©cialitĂ©s Ă©cossaises comme le crannachan ou le dundee cake. Ces douceurs ne sont pas quâun dĂ©cor : elles portent le rĂȘve de July et symbolisent la transmission, lâamour et la joie de partager. Comme le dit si bien une phrase du livre : « On ne fait pas de pĂątisseries pour lâargent mais pour le plaisir quâelles vont procurer quand elles seront mangĂ©es. ».
Des personnages profondément humains
July est une hĂ©roĂŻne piquante, intelligente, fiĂšre mais fragile. Elle se bat pour son indĂ©pendance, pour ses proches, tout en protĂ©geant son cĆur meurtri. Tate, de son cĂŽtĂ©, est mon vĂ©ritable coup de cĆur. BlessĂ© par le harcĂšlement scolaire, Ă©crasĂ© par les attentes parentales, il mâa touchĂ©e par sa loyautĂ© et sa douceur, notamment envers sa grand-mĂšre, AmĂ©lia.
Ce duo est portĂ© par une galerie de personnages secondaires marquants : les femmes Murray, qui incarnent une sororitĂ© inspirante, les copines de July, ou encore les grands-mĂšres, vĂ©ritables piliers affectifs. Jâai particuliĂšrement aimĂ© les relations intergĂ©nĂ©rationnelles, mises en lumiĂšre par des phrases comme : « Si je suis ici câest pour ĂȘtre ta mĂšre et me tenir Ă tes cĂŽtĂ©s aussi longtemps que tu en auras besoin. Tout le reste nâest que du bonus⊠»
Des thÚmes qui résonnent
Sous ses dehors de romance douce-amĂšre, Ember Falls aborde des thĂšmes puissants : le harcĂšlement scolaire, la nĂ©gligence parentale, la maltraitance psychologique, le deuil et lâexclusion. Ces sujets donnent du poids Ă lâhistoire et renforcent lâĂ©motion. Certaines phrases mâont bouleversĂ©e : « Tu nâas pas besoin de te construire par rapport aux parents. Trouve qui tu veux ĂȘtre, toi ! » ou encore « Tu commenceras rĂ©ellement Ă vivre quand tu sauras que le regard qui compte le plus, câest le tien. »
Ces mots résonnent comme des mantras, je les considére comme des leçons de vie à garder précieusement.
Mon ressenti final
Ember Falls est une romance drĂŽle et tendre, mais aussi profondĂ©ment humaine. Jâai aimĂ© ses chapitres courts et addictifs, ses rĂ©fĂ©rences Ă la pop culture (Star Wars, Alien VS Predator, Le Seigneur des Anneaux), ses drames familiaux et ses Ă©clats de rire. Jâai Ă©tĂ© secouĂ©e, Ă©mue, attendrie. Câest une romance française qui nâa rien Ă envier aux best-sellers anglo-saxons, et je trouve important de mettre en lumiĂšre ces autrices talentueuses.
Alors oui, jâai encore mille questions en tĂȘte â notamment : « De qui est amoureuse la maman de July ? Va-t-il y avoir un tome 2 ? » â mais câest aussi ça, la magie dâun roman rĂ©ussi : laisser son lecteur sur sa faim, les yeux brillants et le cĆur battant.
Et vous ?
Dites-moi, quâest-ce qui vous attire le plus dans Ember Falls : le trope enemies-to-lovers, lâambiance Ă©sotĂ©rique avec les vibes sorciĂšres, ou les gourmandises pĂątissiĂšres qui sentent bon la cannelle ? Est-ce que vous aimez les romances qui prennent leur temps, quitte Ă dĂ©marrer doucement, ou prĂ©fĂ©rez-vous celles qui foncent droit dans lâaction dĂšs les premiĂšres pages ? Jâai hĂąte dâĂ©changer avec vous !
đ Note : 5 / 5
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đŹ Citations
« A toutes celles et ceux qui ont l’impression de ne pas rentrer dans le moule . Vous ĂȘtes dĂ©jĂ parfaits . »
« Mais comme le rĂ©pĂšte souvent ma grand mĂšre, il nây aurait pas de fleurs sans pluie. »
« Parce que Julie et Tatie sont aussi diffĂ©rents que le jour et la nuit. »
« La plupart des habitants ont vĂ©cu lâarrivĂ©e dâĂ©tranger dans leur ville comme une catastrophe Ă lâĂ©poque, et peu importe ce quâon fera pour la communautĂ©. Nous ne serons jamais originaires dâAmber Falls. »
« Tate est un putain de clichĂ© ambulant. Aussi sexy que con. Un vrai gĂąchis . »
« Nous les Murray, on sâen sort seules, et avec le menton haut et fier. »
» Câest pourquoi je lĂšve la main pour lui faire « coucou » de maniĂšre enjouĂ©e, avant de finalement, lui prĂ©senter un magnifique doigt dâhonneur «
« Les iris particuliers de July lui permettait de voir dans ce monde et dans celui des morts. »
« Maman rĂ©pĂšte toujours que, si on veut quelque chose, il vaut mieux le faire soi-mĂȘme pour ne pas ĂȘtre déçu. »
« On ne fait pas des pĂątisseries pour lâargent, mais pour le plaisir quâelles vont procurer quand elles seront mangĂ©es. »
« Il sâest invitĂ© tout seul, alors que je nâavais rien demandĂ©. Un peu comme le virus de la gastro⊠»
« Il Ă©tait fait pour elle. La lumiĂšre de la lune. Elle Ă©claire ce qui est dans lâombre. Un peu comme ses yeux, clairs et sombres Ă la fois. »
« Si nous ne sommes pas nos premiers supporters, qui le sera pour nous. »
« Si je suis ici, câest pour ĂȘtre ta mĂšre et me tenir Ă tes cĂŽtĂ©s aussi longtemps que tu en auras besoin. Tout le reste nâest que du bonus, je sais que mon rĂŽle premier dans cette vie, câest ça, et jâen suis comblĂ©e. »
« Jâallais te dire que tu es ravissante, mais je ne peux pas mentir si tĂŽt, alors que je sors tout juste de la messe »
« Tu nâas pas besoin de te construire par rapport aux parents. Trouve qui tu veux ĂȘtre, toi. Sois toi. »
« Si tu penses que tâes interchangeable, rends-toi irremplaçable. »
« Tu nâas pas fui, tu as survĂ©cu. »
« Sans elles, il me manquerait quelque chose, et je ne serai pas aussi moi. Je suis faite pour vivre en orbite autour dâelles et elles, autour de moi. »
« Tu commenceras rĂ©ellement Ă vivre quand tu sauras que le regard qui compte le plus, câest le tien. »
« Pas ce soir, Satan. »
« Ne perd jamais de vue que câest ce genre dâhomme qui a rĂ©ussi Ă faire craindre les sorciĂšres, alors que câest eux qui les ont torturĂ©es et brĂ»lĂ©es vives. »
« Vis, Jules. MĂȘme si je risque dâavoir le cĆur rĂ©duit en morceaux ? Câest souvent comme ça quâon sait que ce quâon a vĂ©cu Ă©tait prĂ©cieux et important. »
« Je ne peux pas toujours vivre dans une bulle de peur dâĂȘtre blessĂ©e. »
« Ma piĂšce manquante. Ma lumiĂšre dans la nuit. Moonlight. »
« On sâaccroche lâun Ă lâautre, Ă cet amour, que lâon ressent, comme une bouĂ©e de sauvetage au milieu de notre chagrin. »
« Durant les obsĂšques, on a toujours tendance Ă oublier de cĂ©lĂ©brer la vie des dĂ©funts, qui est beaucoup plus importante que leur mort. »
« Mais dans la vie, on fait ce que lâon peut, pas ce quâon veut. »
« Il a suffit dâun mensonge pour changer le cours de ma vie. »
« Lâessentiel, ce sont les gens que lâon aime, le reste nâest que secondaire. »
« Jâai rĂ©ussi Ă vivre Ă quelques mĂštres dâelle pendant des annĂ©es, parce que je ne savais pas ce que câĂ©tait que dâĂȘtre dans sa lumiĂšre. Maintenant que jâai goĂ»tĂ©, je ne pourrai plus faire semblant.«










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